Cultura: Une Palme d'or pour Oliveira

Comme l'anthropologue Claude Lévi-Strauss et l'architecte Oscar Niemeyer, le cinéaste Manoel de Oliveira fêtera ses 100 ans cette année, le 11 décembre.

Lundi 19 mai, le Festival de Cannes a fêté, dans l'amphithéâtre Lumière bondé, la centième année du réalisateur portugais. Clint Eastwood, admirateur inconditionnel de son œuvre, avait tenu à accueillir le réalisateur de Val Abraham. Le président du Festival, Gilles Jacob, lui a dédié un court montage cinématographique, très émouvant, avant de l'apostropher : "Un jour, vous m'avez dit avoir menti sur votre âge et avoir trois ans de plus. Si c'est vrai, c'est admirable, si ça ne l'est pas, c'est encore plus gros".

"POUR SON ŒUVRE"

Figure tutélaire du cinéma d'auteur, cet ancien champion de course automobile a reçu des mains de Michel Piccoli sa première Palme d'or, lundi, "non pas à l'ancienneté", mais bien "pour son œuvre". Gilles Jacob qualifie ainsi Manoel de Oliveira de "Griffith saisi par la débauche de l'expérimentation", car le Portugais est l'un des réalisateurs les plus joueurs, qui n'hésite pas à se mettre en péril.

Cet homme qui tourne depuis belle lurette n'est fatigué de rien. Il a signé l'an dernier Christophe Colomb, une énigme et voudrait réaliser deux nouveaux longs métrages. "Les Singularités d'une jeune fille blonde, tiré d'un roman d'Eça de Queiros, puis L'Etrange Cas d'Angélique, un scénario que j'ai écrit il y a près d'une cinquantaine d'années. Si possible, j'aimerais les tourner l'un juste après l'autre, pour que le premier soit prêt pour Berlin, l'autre pour Cannes. Tout dépendra de l'agilité du producteur [François d'Artemare]", a-t-il dit au Monde.

L'agilité du réalisateur, elle, n'a apparemment aucune raison d'être mise en question.

Nicole Vulser

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