Cultura: Découvrir le Petit Trianon comme Marie-Antoinette l'avait quitté
A l'origine, le Petit Trianon était destiné à Madame de Pompadour, qui mourut avant l'achèvement des travaux. Il fut occupé par Madame du Barry mais c'est Marie-Antoinette qui a laissé son empreinte dans ce joyau de l'architecture néoclassique, le façonnant à son image. Au fil des ans, le Petit Trianon était devenu "un squelette", notamment du fait de la dispersion des meubles, explique Pierre Arizzoli-Clémentel, directeur général de l'établissement public du musée et du domaine national de Versailles.
Désormais, le visiteur aura accès à toutes les salles - librement au rez-de-chaussée et au premier étage (chambre de la reine, boudoir) et avec des conférenciers à l'entresol (personnel de service) et à l'attique (appartement du roi et de ses hôtes).
L'accueil et la billetterie ont été évacués du rez-de-chaussée et transférés dans un bâtiment voisin, la Maison du Suisse. A la place, ont été reconstituées la salle de billard, la bibliothèque ainsi que la fameuse pièce abritant le mécanisme des "glaces mouvantes" : un système de poulies actionnant boiseries et miroirs, lesquels venaient occulter les deux fenêtres du boudoir de la reine, pour sa plus grande intimité.
BÂTIMENT ÉLECTRIFIÉ
Le tout a coûté 5,3 millions d'euros, royalement payés par les montres Breguet, horloger depuis 1775 et fournisseur de la reine Marie-Antoinette. Versailles ne pouvait trouver meilleur mécène, et la société Breguet meilleur support de communication : lors de la conférence de presse, Nicolas G. Hayek, président du Swatch Group dont la société Breguet fait partie, a dévoilé sa dernière création, la montre n° 160 dite "Marie-Antoinette".
Applaudissements, crépitements de flashs : on finissait par ne plus savoir à quel événement on était convié... Nicolas G. Hayek a longuement raconté l'histoire du partenariat avec Breguet, où Marie-Antoinette joue encore le rôle-clé.
Au lendemain de la tempête de 1999, et à la suite de la canicule de 2003, deux collaborateurs de Breguet ont appris qu'un chêne pluricentenaire du parc de Versailles, dit chêne Marie-Antoinette, allait être abattu. L'horloger était alors en train de reconstituer la montre que la reine avait commandée à Breguet en 1783. Il a pu récupérer du bois de cet arbre qui sert désormais d'écrin à ladite montre. Et M. Hayek a dit banco à la restauration du Petit Trianon.
"Ce mécénat n'a pas seulement consisté à signer un chèque, mais c'est un engagement humain, professionnel, technique", a salué Jean-Jacques Aillagon, patron de l'établissement public de Versailles et ancien ministre de la culture. "Que ceux qui hésitent encore suivent l'exemple enthousiaste et généreux de Nicolas G. Hayek", ajoute M. Aillagon dans le dossier de presse, évoquant de futurs travaux dans le domaine de Marie-Antoinette, tels le Belvédère ou la Maison rustique de la Reine.


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