Arte: Transactions mitigées au Grand Palais

"Bien sûr, c'était moins frénétique, mais ça a tenu", se félicite Martin Bethenot, au terme de la Foire internationale d'art contemporain (FIAC), dimanche 26 octobre. La FIAC ouvrait en effet au lendemain de ventes aux enchères très décevantes à Londres (Le Monde du 24 octobre), qui témoignent d'une prudence grandissante des acheteurs en raison de la crise boursière. Ainsi, une vente chez Artcurial, à Paris, les 23 et 24 octobre, a été catastrophique : 52 % d'invendus, du jamais-vu depuis la crise de 1991. Elle concernait pourtant des maîtres modernes comme Van Dongen ou Matisse, mais les oeuvres étaient surévaluées au regard des nouvelles normes du marché.

A la FIAC et dans les foires "off", les résultats ont été plus nuancés. Avec un constat : les transactions sont plus rares dans le haut de gamme. "Au-dessus de 100 000 euros, c'est dur, dit le marchand Thierry Salvador, et en dessous, il faut du bagout, y aller à l'arrache." Du bagout, il n'en manque pas, et sa FIAC s'est bien passée. Comme celle de la galerie britannique White Cube, qui a obtenu, moins de deux heures après l'ouverture, 815 000 euros pour les onze dessins d'Hitler revus par les frères Chapman (Le Monde du 26 octobre). Leur compatriote, l'artiste anglais Marc Quinn, a aussi fait le bonheur de ses marchands, Hopkins-Custot.

FIN DE LA SPÉCULATION

"Les affaires prennent peut-être un peu plus de temps, a déclaré le marchand parisien Yvon Lambert à l'AFP, il y en a qui réfléchissent peut-être un peu plus. Avant, l'achat était plus impulsif. Maintenant, on reparle vraiment d'art." Quand l'oeuvre est exceptionnelle, comme celle de Sherrie Levine, chez Simon Lee, sans doute le meilleur stand de la FIAC, ou, à la Cour carrée du Louvre, la vidéo de Tania Mouraud, elle est vendue.

Les achats de l'Etat ont apporté une bouffée d'oxygène. Le ministère de la culture a acheté, pour la quatrième année consécutive, 34 oeuvres de 30 artistes, auprès de 23 galeries, pour un montant de 400 000 euros. Certains fonds régionaux d'art contemporain ont aussi été très actifs, y compris dans les foires "off". Qui ont parfois connu un beau succès. Ainsi, à Slick, logée dans le très beau 104, rue d'Aubervilliers, dans le 19e arrondissement, la galerie Patricia Dorfmann a vendu tous ses dessins du Pékinois Wu Xiaohai. A 2 000 euros pièce, un prix qui autorise le coup de coeur. C'est la bonne nouvelle : la spéculation semble terminée. Voici revenue l'heure des collectionneurs.


Harry Bellet

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