Debate: Le "descendant de Louis XIV" débouté de sa plainte contre l'exposition Koons à Versailles
Le prince, qui se présente comme le "descendant en droite ligne de Louis XIV", protestait contre la décision de prolonger l'exposition jusqu'au 4 janvier. Il demandait sa fermeture, la qualifiant de "clownesque et pleine d'allusions sexuelles". La Coordination défense Versailles, une association englobant l'ensemble des opposants à l'exposition Koons, en avait déjà dénoncé "le caractère pornographique".
Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme avait indiqué dans un communiqué, diffusé au début du mois de décembre, avoir déposé cette requête "pour profanation et atteinte au respect dû aux morts". Il avait justifié son action en justice par le "droit immémorial", pour "tout membre de l'espèce humaine (...) au respect de ses aïeux" et par le "droit à accéder à la connaissance du patrimoine sans contrainte pornographique". "La prolongation de l'exposition pendant la période de Noël" vise "la candeur des enfants, particulièrement vulnérables et sans défense aux atteintes pornographiques", insistait en outre le prince.
"L'EXPOSITION NE PORTAIT PAS ATTEINTE AU RESPECT DE LA VIE PRIVÉE"
Le juge des référés a, au contraire, estimé que "l'existence d'un droit de vivre sans profanation de ses ancêtres et d'un droit à accéder à la connaissance du patrimoine sans contrainte pornographique ne constituent pas des libertés fondamentales", ajoutant que "l'exposition ne portait pas atteinte au respect de la vie privée et familiale des visiteurs de l'exposition et de leurs enfants".
Me Marie Delion, représentante de l'établissement public du musée et du domaine national de Versailles pendant l'audience, avait défendu l'idée que l'exposition de Jeff Koons, qui a déjà attiré près de cinq cent mille visiteurs, "n'a pas été entreprise dans une démarche de provocation mais dans une démarche de réflexion". L'avocate avait rejeté la notion de "droit familial", "sans fondement juridique", tout comme "la liberté fondamentale à avoir accès à la connaissance du patrimoine sans contrainte pornographique".
Jeff Koons, qui fut l'époux de la Cicciolina, actrice pornographique italienne, a créé des œuvres explicites autour de la "tentation et du désir" dans les années 1990. Aucune d'elles n'est montrée à Versailles.


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