Patrimonio: Dernier round pour sauver l'hôtel Lambert, joyau du XVIIe
Plusieurs points sont toujours au coeur de la controverse: la création d'un cuvelage en béton, sous la cour et le jardin suspendu, au risque de provoquer, en cas de crue de la Seine, une pression très forte sur les fondations du bâtiment. Et de mettre en danger les arbres aux racines mutilées. Henri Gaudin, architecte du Musée Guimet, à Paris, enfonce le clou : "Ce lieu, si élégant, si fin, si fragile : il ne faut pas toucher à sa façon d'arriver à lui."
Si Jean-Michel Leniaud, directeur des études à l'Ecole pratique des hautes études, se réjouit de savoir le charmant escalier néogothique de Lassus sauvé, il s'émeut à l'idée de la disparition de l'atelier aménagé en 1843 pour le prince Czartoryski, dans les combles de l'hôtel Lambert, par le même Lassus, lequel restaurait Notre-Dame de Paris avec Viollet-le-Duc. "Ce fut un haut lieu du romantisme, de la vie littéraire et artistique de la capitale. Il est important d'en conserver le témoignage. Autre "problème grave", pointé par M. Leniaud, qui fait partie de la Commission nationale des monuments historiques, l'installation de salles de bains au-dessus de la galerie d'Hercule peinte par Le Brun, et les travaux d'étanchéité qui modifieraient les planchers.
Si le dossier a évolué dans le bons sens, tout n'est pas acquis. M. Perrot ne manque pas de rappeler que le propriétaire de l'hôtel Lambert, grand amateur d'art, n'a aucune exigence et souhaite une restauration exemplaire. Mais, les options en matière d'aménagement intérieur du décorateur Alberto Pinto vont bien au-delà du souhaitable, alertent encore les experts. Le coût des travaux pourrait doubler le budget de 13 millions d'euros originellement prévu.
Après le vote à main levée des 25 membres de la Commission qui donneront leur avis, la ministre de la culture, Christine Albanel, prendra sa décision, acceptant ou non le projet, avec ou sans modifications.

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